On dit que la foule est bruyante. Qu’elle assourdit, que tout le monde parle en même temps.
Pourtant non.
C’est le silence.
C’est le silence qui assourdit.
Etrangement, alors qu’elle a multiplié ses bouches, elle se tait.
Ses oreilles se bouchent.
Bavard et sourd. Tel est l’omniscient homme moderne surconnecté dans son village mondial.
Il n’entend rien. Il ne voit rien. Il ne ressent rien. Il ne peut rien.
Richesse de basse-court. Les poulets millionaires cherchent à tâtons leurs graines transgéniques.
Ce pigeon sans tête qui tournoie sur lui-même entre les voitures indifférentes.
Horrible et ridicule.
Ridicule et horrible.
C’est nous.
mars 30, 2011
Assourdissant